Alex Guillén

Artículos sobre IA, marketing digital y nuevos paradigmas del periodismo para periodistas

Le paradoxe du clonage par l’IA

La possibilité de cloner la voix et l’image d’une personne à partir d’une photo ou d’une vidéo ouvre un nouveau paradigme pour le journalisme, où un reporter peut être partout à la fois... Mais cela s’accompagne d’un paradoxe brutal : l’IA est capable aussi bien de mettre le journaliste au chômage que de lui permettre de bâtir son propre média.

Le paradoxe du clonage par l’IA
Le paradoxe du clonage par l’IA Alex Guillén

J’ai récemment assisté à un atelier pratique sur la captation de leads (des clients potentiels) animé par une agence de marketing digital. Sur le papier, rien de bien nouveau : la formation portait sur la création d’un tunnel de vente pour capter des clients en ciblant les points de douleur de ce qui doit être votre client idéal (le buyer persona, en jargon marketing). Une formation de plus… a priori.

Car l’atelier proposait une manière révolutionnaire de les capter : à travers des publicités composées de photos créées par Intelligence Artificielle… et des vidéos avec votre image et votre voix, elles aussi clonées par l’IA.

Il est vrai que je connaissais l’existence du clonage d’image par IA (merci les reels Instagram), qui consiste sommairement à télécharger une photo ou une vidéo de soi sur une plateforme en ligne ; pour l’instant, moyennant une somme modique ou même gratuitement, ce site crée votre avatar animé… avec une voix similaire à la vôtre. Car l’IA clone aussi la voix.

L’intervenant expliquait que, pour lui, utiliser ses propres clones en vidéo permettait de se concentrer sur les priorités et de déléguer à l’IA une tâche fastidieuse, comme l’est apparemment l’enregistrement d’une vidéo. C’est logique : au lieu de bloquer X heures de votre journée à réfléchir au script, à régler l’éclairage et à enchaîner les prises jusqu’à obtenir le message parfait… vous déléguez tout cela à l’IA pour vous consacrer à des choses plus importantes.

De mon côté, j’ai commencé à réfléchir à ce que l’application de ce type d’outils de clonage pourrait signifier pour le journalisme, et je suis parvenu aux conclusions suivantes.

Pour un média, une fois passées les étapes inévitables de création des avatars et d’ajustements du système de production de l’information, cela peut représenter une véritable révolution dans la manière de raconter l’actualité. Avec moins de personnel, on peut couvrir plus de sujets dans plus de lieux. Je m’explique.

Imaginez une télévision locale qui couvre un secteur de 6 communes et ne compte que 2 journalistes et un éditeur dans ses effectifs. Si l’actualité brûlante surgit simultanément dans les 6 localités, les 2 journalistes vont passer une journée mémorable à courir d’un point à un autre.

Mais s’ils ont la possibilité de se cloner en vidéo, il leur suffit de se rendre sur 2 points chauds… et les 4 autres peuvent parfaitement être couverts par leurs avatars. Moins d’efforts, moins de frais (surtout d’essence) et des résultats plus efficaces.

Si efficaces que, pour un propriétaire avare, ces 2 journalistes pourraient devenir une dépense superflue. Puisqu’il dispose d’un éditeur et d’outils générant des avatars plus vrais que nature, ces journalistes ne sont plus nécessaires et se retrouvent à la porte.

Dans ce cas précis, l’IA a servi à optimiser les profits d’une industrie de l’information au détriment de la crédibilité journalistique. Désormais, les informations du média seront présentées par deux avatars d’IA. Espérons au moins que l’éditeur fasse son travail et rédige de bons articles pour que l’IA les récite.

Et maintenant, c’est au tour des journalistes. Si l’on poursuit cet exemple, nous en avons deux inscrits au chômage. L’un trouve rapidement du travail dans une agence de communication. L’autre non.

Mais ce dernier a appris à se cloner lui-même avec l’IA et décide de lancer son propre projet d’information fort de son expérience et de ses contacts : une autre télévision locale composée de lui seul… et de ses avatars. Endossant le rôle d’éditeur, il reçoit les communiqués de presse, se rend sur les lieux qui l’intéressent et, équipé de son smartphone et de ses outils d’IA, se retrouve bientôt à la tête d’une entreprise de presse qui couvre les mêmes zones que son ancien employeur… tout en étant encore plus rentable.

Dans cet autre cas, l’IA a servi à générer non seulement un emploi, mais aussi un nouveau business et un nouveau média unipersonnel et autosuffisant.

C’est là, selon moi, que réside le paradoxe du clonage par l’IA pour le journalisme : elle a la capacité d’optimiser une entreprise de presse tout en détruisant des postes… mais aussi celle de créer de nouveaux médias, entreprises et emplois extrêmement efficaces qui atomiseront le marché jusqu’à ce qu’il ne reste que le plus fort.

Et tous bénéficieront, comme on dit, du don d’ubiquité : capables d’être partout à la fois, comme dans le célèbre film.

Nous ne tarderons pas à le voir de nos propres yeux.

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Soy Alex Guillén, periodista experto en marketing digital. Enseño a periodistas a dominar herramientas digitales, de IA y vídeo para conseguir y conservar el empleo, ganar más dinero y ser más competitivos

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